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Au fond du temps [estrella sin cara]


L’album Au fond du temps (Estrella sin cara) est né directement dans la lignée des pièces, premier album sorti en téléchargement libre en janvier 2005. En effet, ce premier album fut créé beaucoup trop vite et bourré d’imperfections,ce qui en faisait un travail réellement inachevé. Les volontés fondamentales des pièces sont restées : donner pour chaque morceau un univers entier à sa mesure, tant pour les mots que pour les harmonies mises en jeu. Par contre, le véritable renouveau, en toute prétention, se trouve dans le travail du son. La dimension sonore d’un morceau constitue en effet une dimension à part entière pour exprimer la confiture que l’on a sur le cœur ou ailleurs. A ce titre, je pense que cet album mérite déjà beaucoup plus l’étiquette d’electro-pop-rock que le premier.

Je pense aussi qu’il est beaucoup plus abouti et représente beaucoup plus la volonté d’un groupe que d’un pauvre égo perdu dans une cave à manger des mandarines en se sifflant de la vodka.

Globalement, pour résumer, c’est pareil en beaucoup mieux.

On ne s’arrête pas là, hop hop hop. Le disque s’ouvre sur Aurore, nouvelle reprise d’un morceau de BinaryMind, après les amants de cristal, sur le premier album. Il s’agit d’une invitation ou d’une attente extrêmement instrumentale, presque ambiant. D’autres morceaux ont aussi une essence de tableau, comme Neige, sur la danse d’une dame tressée de flocons. Un poème d’Eluard a été kidnappé et pressé dans de longues sales noires et glauques afin que de son jus, nous tirions les harmonies de Mascha, petite symphonie atemporelle.

Deux morceaux sont issus du cerveau du pianiste de Lonah, Pierre Fortier. Errance, vieille harmonie que nous gardions avec nous depuis quelques années, qui, en deux chapitres, nous laisse apercevoir une demoiselle que le temps a oublié. Mr Spock, quand à lui, est né sous les doigts de notre pianiste, mais a pris son âme sous les sourires de notre chanteuse, Raphaëlle Fortier. Au rayon des sourires bourrés d’ombres, Fly me est une incantation, une ballade electro-rock pesante, le conte d’une nuit. Ainsi aussi se présente Urban Tale, morceau composé pour la bande originale du court métrage éponyme de Lacrymosa inc.

Enfin, en plus violent, mais tout aussi peu innocent, se découvre Une nuit, une folie de passage le temps de pianos déstructurés. Une dernière toile moins évidente d’accès est A nuestros huesos, un songe renfermé sur lui-même. Et puis, parce qu’il est fatiguant de se prendre trop longtemps au sérieux, Les droïdes aussi font la fête. A la votre.