Broder une harmonie sur le corps d'un texte aussi célèbre et superbe que le Crépuscule d'Apollinaire posa quelques problèmes de conscience. L'idée est bien que le résultat final soit digne de l'affection que l'on a pour ce texte. Je pense que cela est réussi. Tout en douceur, laisser les mots glisser sur les cordes d'un violon, battu du tic tac d'une horloge invisible avant que tout s'enflamme et que le musicien ne reprenne la parole le temps d'un refrain. A noter que la piste 4 n'est que l'introduction du morceau que nous avons préféré séparer du morceau chanté en tant que tel.
CREPUSCULE
Frôlée par les ombres des morts Sur l'herbe où le jour s'exténue L'arlequine s'est mise nue Et dans l'étang mire son corps
Un charlatan crépusculaire Vante les tours que l'on va faire Le ciel sans teinte est constellé D'astres pâles comme du laie
Il n'y a rien qui ne m'arrache à cette fin, n'écorche ce dessein je ne vois rien qui n'efface ce chemin ne m'achève enfin.
Sur les tréteaux l'arlequin blême Salue d'abord les spectateurs Des sorciers venus de Bohême Quelques fées et les enchanteurs
Ayant décroché une étoile Il la manie à bras tendu Tandis que des pieds un pendu Sonne en mesure les cymbales
L'aveugle berce un bel enfant La biche passe avec ses faons Le nain regarde d'un air triste