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#11 : A Nuestros Huesos
#11 : A Nuestros Huesos
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Ce morceau s’il risque de plaire à beaucoup moins de monde que les précédents, est pour moi celui qui s’avère le plus abouti parmi le deuxième album. Il s’agit d’une part de la peinture d’un songe très personnel, et d’autre part d’un ‘cadeau’ à deux amis dont la musique m’a beaucoup appris, Antoine et Bastien Liutkus de BinaryMind.
La vision que nous avons avec Raphaëlle tenté d’exprimer est la suivante : celle d’une entité dont l’existence même serait aux contraires des fondements de l’humanité, une essence qui, par définition, ignorerait le temps et serait bâtie d’éternité. Cette vision est décrite dans le morceau par les yeux du narrateur qui lui, essaie de lutter contre l’éclat, dans une lutte fondamentalement condamnée à l’échec.
Je pense souvent à ce morceau en imaginant une très vieille femme, à moitié folle, danser dans le désert, protégée du soleil par un mur millénaire qu’elle reconstruit chaque jour. L’idée est venue en me demandant ce qui pouvait vraiment être horrible aux yeux d’un humain, l’idée d’une horreur qui dépasserait l’entendement de telle manière que la simple idée de peur en deviendrait ridicule, où celui qui éprouverait ce sentiment ne pourrait concevoir de fait que la joie de l’abandon et la sagesse de qui connaît les limites de son espèce.
L'éclat s'avance, morte faim L'éclat s'approche, froide morsure
Oh mes rois, aux noms noircis par les regards Oh mes voix, pauvres échos, nourris de mémoire
Je voie le ciel ronger peu à peu notre mur, à sans cesse l'éblouïr L'éternel affamé dissous la pierre, à sans cesse l'adoucir C'est une fanatique clarté un blanc carnage de nos oeuvres, à chaque fois rebâties Le blanc ne se repose pas, il attend, assoiffé de nos fils, à mordre les courbes qui divisent l'espace et nous protègent.
Un jour de blanche nuit. ce jour là. Nous ne saurons plus compter le sable Nous laisserons se fondre, sous nos paupières les murs des intouchables Nous aurons mangé nos noms.
Parce que l'éclat n'aime pas qu'on le cache, parce qu'il est fou, qu'il n'a plus d'age. Parce que l'éclat se nourrit de vide, de cet oubli incandescent, du remord d'un époque où Nous dormions vierges de souvenirs